Rencontre

Rencontre avec Martin Veyron

Dans le cadre du prix BD CEZAM Inter-CE 2017, la médiathèque Jean Carmet reçoit Martin Veyron, auteur de « Ce qu’il faut de terre à l’homme » aux éditions Dargaud. La rencontre sera précédée d’une vente et dédicace de ses BDs en partenariat avec la librairie Au Repaire des Héros.

L’auteur : Martin Veyron est né en 1950. En sortant des Arts déco de Paris, après quelques essais balbutiants comme illustrateur, il se lance dans la bande dessinée avec le personnage de Bernard Lermite, dont il tirera sept albums. Le succès de L’Amour propre, qu’il publie en 1983, le conduit à en diriger lui-même l’adaptation au cinéma. Il revient à la bande dessinéeen 1986, avec Executive Woman. S’ensuivent plusieurs albums dont… Donc, Jean, Cru bourgeois, Trois d’entre elles… En 2001, il est nommé Grand Prix du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, et assure donc la présidence du festival en 2002. En 2009, il rejoint les éditions Dargaud chez qui il publie Blessures d’amour propre, puis les deux tomes de Marivaudevilles. Parallèlement, il travaille pour de nombreux titres de presse, dont Le Monde, Libération, L’Événement du jeudi, Le Nouvel observateur et Le Point. Ce qu’il faut de terre à l’homme est le vingtième album de Martin Veyron, pour lequel il vient de recevoir le prix spécial du jury d’Angoulême de cette année.

La BD :  Désespéré et révolté par les dégâts du productivisme, conséquence de l’avidité du genre humain, Martin Veyron ne voulait pas se limiter à prêcher pour les convaincus en répétant ce qu’il lisait dans les journaux. Paralysé un moment, il piétine un peu, jusqu’au jour où lui revient en mémoire une histoire qu’il a lue, enfant, dont il a oublié le titre et l’auteur. Il se rappelle seulement la dernière phrase, superbe : « Voilà ce qu’il faut de terre à l’homme. » Il tape la phrase dans Google et, très surpris, découvre que c’est une nouvelle de Tolstoï, dont le thème est au coeur de son sujet. Il l’adapte, en développant le côté prédateur du héros, et le résultat est un chef-d’oeuvre. Tout est fort dans cette illustration de la vaine cupidité, de la perte de l’essentiel. La mise en scène virtuose, les dialogues croustillants, l’humour fin et distancé, certains silences du dessin, le charme d’un ailleurs, et la fable, magnifique. Outre que Martin Veyron dessine divinement bien les vastes plaines, les vaches et les moujiks à bonnets poilus (il ne nous avait pas habitués à ça), il est visiblement heureux de raconter cette histoire. C’est contagieux, et, même si le message est extrêmement important par les temps qui courent, la lecture de cet album est, par-dessus tout, un énorme plaisir.

 

Tout public

Sans réservation

20h : dédicace, 20h30 : rencontre